Acheter-moins-cher.com, comparateur de prix non biaisé

Articles

Monsieur le Commissaire Thierry Breton

Frédéric LAMBERT

M. Thierry Breton
Commissaire pour le Marché Intérieur
Commission Européenne
Rue de la Loi
B – 1049 Brussels

Le 26 Novembre 2019

Monsieur le commissaire,


Un cas ouvert il y a dix ans devant les autorités de la concurrence est toujours en cours et nous pensons que sa résolution est primordiale pour enfin connaître la direction que veut prendre l’Europe pour ce qui concerne son Internet et donc son marché intérieur qui en dépend de plus en plus : l’Europe veut-elle un internet toujours dominé par Google, comme ces 5 dernières années ? Google qui utilise l’argent gagné par ses abus pour influencer Bruxelles en sa faveur ? C’est ce qui se passe actuellement à la Commission Européenne ! Si une société européenne détenait une aussi grande part de marché sur un secteur aussi stratégique aux USA, les décideurs américains ne laisseraient pas cette société s’accaparer tous les marchés rentables par ses abus sans rien dire, comme le fait l’Europe aujourd’hui avec Google.

Le marché du digital étant le marché stratégique de ces dernières années, l’extrême dominance de Google sur ce secteur est très inquiétante pour le marché intérieur européen, digital ou non. 94% de part de marché dans la « Recherche » en 2019 en Europe, en hausse de 3% depuis 5 ans, contre 88% aux USA …  Nous constatons malheureusement depuis 10 ans une influence toujours plus grande de Google sur les décisions prises par la Commission Européenne uniquement du fait de son lobbying dirigé en direction des fonctionnaires de  Bruxelles et non par la qualité de ses nouveaux produits : GoogleShopping par exemple a été officiellement transformé d’un comparateur de prix en un système publicitaire en 2013 (pendant l’enquête de la commission !) : Google transforme ainsi peu à peu Internet en un système publicitaire, ce que ses deux propriétaires juraient ne pas vouloir faire il y a 15 ans…

Les européens doivent-ils aller dans le sens que veut Google ? Veulent-ils un Internet où la publicité et le contenu ne sont plus discernables ? C’est exactement là où nous amène Google avec son mécanisme de conformité, c’est là où nous amène la Commission Européenne qui ne dénonce toujours pas ce mécanisme mis en place il y a 2 ans déjà. Google nous mène vers un Internet où tout est faux. Fausse nouvelles, faux comparateurs de prix, faux articles mais vrai lobbying ! Les européens ne méritent-ils pas un marché de la comparaison des prix actif, avec des acteurs non biaisés ? Google impose un système publicitaire aux européens et la Commission regarde ailleurs, émerveillée par l’efficace lobbying de Google et les millions qu’il déverse sur les agents qui décident des lois européennes.

Il est frappant de constater que Google dépense plus à Bruxelles (+10 millions d’euros) pour empêcher les européens d’avoir un marché de la comparaison des prix actif qu’il lui faudrait comme budget annuel pour proposer lui-même un vrai comparateur de prix non biaisé aux européens, sans revenu aucun !

Oui, vous lisez bien, Google dépense plus pour empêcher les européens d’avoir un marché actif compétitif et innovant que de faire un vrai comparateur : il ne veut pas de compétition et la Commission Européenne ne dit rien ! 

Il y a 10 ans le marché de la comparaison des prix en France, né en 1998, devait représenter dans les + 1000 emplois, avec des entreprises bénéficiaires qui payaient des grosses cotisations et beaucoup d’impôts sur les bénéfices. Aujourd’hui en 2019, il doit rester en France 45 emplois maximum, qui dépendent totalement de la volonté de Google de les laisser survivre ou de mourir. Pour les impôts sur les bénéfices, c’est fini depuis longtemps !!  Moins d’impôt, moins de cotisation, moins d’emploi, deux ans après la condamnation de Google en 2017...

Google est maintenant officiellement le premier lobbyiste à Bruxelles. Google a augmenté de 500% son lobbying entre 2011 et 2017 (Lobbyfacts.eu) et miraculeusement, pour la première fois dans l’histoire de l’Antitrust Européen, Google, condamné en Juin 2017 par la Commission Européenne  pour abus de dominance sur le marché de la comparaison des prix, a le droit incroyable de choisir lui-même son système de conformité qu’il implémente en septembre 2017, sous peine d’une nouvelle amende journalière de 5% par jour de son CA , avec l’accord tacite de la Commission Européenne.

Ce système demande aux victimes de Google, déjà exsangues après 10 ans d’abus et de démonétisation, d’acheter à Google les visites perdues du fait de l’abus de Google… Les victimes de Google doivent acheter chez le coupable Google : Google va ainsi très vite récupérer ces 2.4 milliards d’amende et la précédente Commission Européenne accepte cela depuis deux ans maintenant, en fermant les yeux sur toutes les petites fraudes que Google commet pour essayer de faire passer son système de conformité.

Gérant depuis 20 ans d’un comparateur de prix français non biaisé, qui a reçu le plus de récompenses en France pour la qualité de son service, impacté de plein fouet par Google depuis 2008, je suis le témoin direct de l’emprise de Google sur les fonctionnaires de la Direction Générale de la Compétition de la Commission Européenne. Mes intéractions avec eux montrent qu’ils sont sous l’influence directe de Google, qui les « travaille » depuis 2011. Dès le début de l’enquête de la Commission Européenne sur les abus de Google, les lobbyistes payés par Google ont su imposer son discours et ses mots : On ne parle plus de « comparaison des prix » mais plus largement de « Shopping » : il le faut bien puisque que Google transforme en 2013 son comparateur de prix en un système publicitaire. La Commission Européenne accepte cela sans donner jamais une once d’explication sur ces troublants compromis. 

Jamais on n’a entendu la Commission Européenne, la Direction Générale de la Compétition ou Mme Vestager dire : « Nous avons besoin de comparateurs de prix indépendants, non biaisés et espérons européens ! »  Alors que Mme Vestager vient de dire justement la semaine dernière en anglais :  “We need independent, unbiased and hopefully pro-European media”.  Pourquoi laisser traiter notre secteur d’activité aussi injustement ? Uniquement parce que Google influence la Commission Européenne et celle-ci oublie l’intérêt des européens. Si la Commission l’accepte, Google traitera bientôt les médias comme il traite les comparateurs, dites-le à Mme Vestager !

Monsieur Breton, ne laissez pas Google encore gagner et donner ainsi le plus mauvais exemple pour tous les secteurs d’activité que Google va essayer de contrôler par ses abus. La solution est très simple : Google ne veut pas plus ou pas « référencer » avec équité ses concurrents, verticaux comme lui, dans sa recherche où il domine à 94% ? Alors Google doit se séparer de ses activités …  On ne peut plus lui faire confiance pour traiter ses concurrents avec éthique comme le montrent toutes ses actions passées. Google ne peut plus faire la recherche et les réponses : c’est clairement anti compétitif.

Voulons-nous un âge digital Européen où Google déciderait de tout, en utilisant l’argent gagné par ses abus pour manipuler les autorités européennes ? Nous y allons tout droit.

Dites non à Google, Monsieur Breton, dites-le à Mme Vestager, avant qu’il ne soit trop tard !

Veuillez croire, Monsieur le commissaire, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Frédéric LAMBERT

CEO Acheter-moins-cher.com

fredericl@acheter-moins-cher.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to top